Le Québec a dépensé 84 milliards de dollars en santé en 2025, soit quatre fois plus qu’en 2000. Pendant que cette facture explose, la prévention stagne sous la barre des 3 % du budget. Une nouvelle étude d’Aviseo Conseil, réalisée pour le compte de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), estime les effets qu’une augmentation soutenue des investissements en prévention pourrait générer.
Au Québec, quatre familles de maladies — cancers, maladies cardiovasculaires, diabète et maladies respiratoires — représentent à elles seules plus de 60 % des décès. Une part importante de ce fardeau est associée à des facteurs de risque modifiables. Jusqu’à 80 % des maladies du cœur et des AVC précoces, par exemple, peuvent être évités grâce à de saines habitudes de vie.
Entre 2000 et 2025, les dépenses de santé du Québec sont passées de 21,7 milliards à plus de 84 milliards de dollars, une croissance annuelle moyenne de 5,6 %. Sur la même période, la part consacrée à la prévention n’a presque pas bougé : elle demeure sous les 3% du budget total, malgré une efficacité largement démontrée par la littérature économique.
Selon les scénarios modélisés, une croissance annuelle soutenue des investissements en prévention pourrait permettre d’éviter entre 340 000 et 950 000 cas de maladies chroniques au Québec d’ici 2035, une réduction directe de la demande sur un réseau déjà sous pression. Moins de personnes à traiter pour des maladies évitables, c’est notamment plus de capacités pour dépister et soigner celles qui ne peuvent pas être prévenues.
Le vieillissement de la population accentue aussi la pression sur le système de la santé : la hausse des besoins en soutien à l’autonomie des aînés est un enjeu qu’Aviseo Conseil chiffre dans un autre avis économique pour l’ASPQ.
Le message aux décideurs est clair : sous-investir en prévention aujourd’hui risque d’accroître les besoins de traitement et les coûts futurs, dans un système où les indicateurs d’occupation et les temps d’attente sont déjà préoccupants dans plusieurs régions. Agir davantage en amont permettrait de réduire une partie de la pression évitable sur le réseau plutôt que de concentrer les ressources sur le traitement en aval.
Découvrez l’intégralité de l’étude d’Aviseo sur les impacts de la prévention sur le système de santé québécois.