Les villes et municipalités du Québec gèrent de plus en plus de responsabilités (itinérance, logement, changements climatiques, infrastructures vieillissantes) avec des revenus qui ne suivent pas. Aviseo a mis des chiffres sur ce déséquilibre dans le cadre d’une étude commandée par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), publiée le 7 mai 2026.
Entre 2014 et 2023, les dépenses des municipalités ont augmenté de près de 48 %, pendant que leurs revenus n’ont pas suivi le même rythme. Or, les municipalités gèrent déjà à elles seules les deux tiers des infrastructures publiques au Québec (routes, aqueducs, bâtiments) dans un contexte où les coûts de construction explosent et où les actifs vieillissent plus vite qu’ils ne peuvent être remplacés.
À ces pressions sur les infrastructures s’ajoutent de nouvelles responsabilités assumées par les villes en matière d’itinérance, d’habitation et d’adaptation aux changements climatiques, entre autres. Ces enjeux mobilisent des ressources croissantes sans transfert équivalent de financement des autres paliers de gouvernement.
Ce déséquilibre se traduit déjà concrètement dans la vie des citoyens : nids-de-poule qui s’accumulent, bris d’aqueduc plus fréquents, délais de service qui s’allongent. Comme le résumait Guillaume Tremblay, président de l’UMQ et maire de Mascouche, dans La Presse :
« On a coupé tout ce qui était possible, on est rendu dans les services directs à la population. »
Les élus municipaux se retrouvent devant des choix impossibles, forcés de prioriser entre réparer une conduite d’eau ou maintenir un service à la population.
L’étude complète détaille la méthodologie, les projections financières et plusieurs recommandations pour rétablir l’équilibre entre les responsabilités et les moyens des municipalités québécoises.