Quelles sont les filiales internationales établies au Québec, qu’est-ce qu’elles apportent à l’économie d’ici ? C’est la question à laquelle Aviseo Conseil a répondu dans le cadre de trois mandats distincts menés pour Montréal International, Québec International et Investissement Québec International.
Une filiale internationale est une entité commerciale établie au Québec dont la société mère a son siège social à l’extérieur du territoire québécois. Cette définition inclut les filiales de sociétés du reste du Canada ainsi que celles d’entreprises étrangères. Dans le cadre de cette étude, les filiales dont l’activité principale relève du commerce de détail ont été exclues de l’analyse, sauf lorsqu’elles exercent des fonctions à forte valeur ajoutée, comme la gestion d’un siège social ou d’un centre de distribution.
En s’appuyant sur des données internes et secondaires, Aviseo Conseil a mis à jour la base de données des entreprises étrangères établies au Québec. Elle a ensuite été enrichie par un sondage auprès de centaines de filiales stratégiques et par des entretiens approfondis avec des entreprises phares.
Trois territoires ont fait l’objet d’une analyse distincte : le Grand Montréal, la grande région de Québec et l’ensemble du Québec. Pour chacun, Aviseo a estimé les retombées économiques directes et indirectes (PIB, emplois soutenus, revenus fiscaux) engendrées par la présence de ces filiales.
Le constat est uniforme d’un territoire à l’autre : les filiales internationales représentent une fraction minoritaire des entreprises, mais génèrent une part disproportionnée de la richesse économique locale. Elles exportent significativement plus que les entreprises domestiques, sont plus productives, investissent davantage en recherche et développement, et offrent des salaires nettement supérieurs à la moyenne québécoise.
Bref, leur impact sur le PIB est largement plus important que leur poids dans le paysage des entreprises québécoises. Globalement, ces filiales sont particulièrement concentrées dans quatre secteurs à forte valeur ajoutée : l’aérospatiale, les technologies de l’information, les sciences de la vie et technologies de la santé, et les technologies propres.
Au-delà des chiffres, les études documentent cinq effets structurants souvent absents des retombées économiques traditionnels : le transfert de connaissances vers les PME locales, le renforcement des grappes industrielles, l’intégration de fournisseurs québécois dans des chaînes d’approvisionnement mondiales, l’effet d’attraction sur de nouveaux investissements étrangers, et la hausse de la productivité à l’échelle de l’économie québécoise.
Ces effets confirment que la présence de filiales internationales n’est pas un phénomène passif. Ce sont des entreprises d’ancrage qui structurent des écosystèmes entiers et dont le maintien et l’attraction représentent un enjeu stratégique de premier plan pour les régions du Québec.