Infrastructures d’eau au Québec : un sous-financement qui freine la construction de logements

Les réseaux d’eau potable et de traitement des eaux usées du Québec sont sous-financés de façon chronique et cette réalité a des conséquences directes sur la capacité des municipalités à autoriser de nouvelles constructions. Mandaté par le Groupe tactique sur les infrastructures en eau liées au logement, Aviseo a mené une étude approfondie pour mesurer l’ampleur du problème, identifier ses causes et proposer des solutions concrètes à tous les paliers de gouvernement.

Un goulot d’étranglement pour la construction résidentielle

La crise du logement au Québec a de nombreuses causes, mais l’une d’elles passe largement sous le radar : l’état des infrastructures municipales d’eau. En 2025, 43 municipalités ont dû imposer des moratoires sur la construction faute de capacité suffisante dans leurs réseaux. Résultat : plus de 36 000 logements n’ont pas pu être mis en chantier.
Ce n’est pas un problème marginal. C’est un frein structurel à la densification et au développement résidentiel, dans un contexte où la demande de logements n’a jamais été aussi forte.

Un sous-financement chronique aux conséquences chiffrées

Notre étude brosse un portrait détaillé de l’écart entre les investissements actuels et les besoins réels. Les municipalités québécoises investissent en moyenne 280 $ par habitant dans leurs infrastructures d’eau, alors que le niveau requis pour l’ensemble des besoins est estimé à 799 $.

À cela s’ajoute une consommation d’eau parmi les plus élevées du pays : le Québec se classe au deuxième rang des états fédérés au Canada pour la consommation par habitant, ce qui accentue la pression sur des réseaux déjà fragilisés.
Selon le Centre d’expertise et de recherche en infrastructures urbaines (CERIU), le coût de remplacement des seules infrastructures à risque élevé ou très élevé de défaillance est estimé à plus de 49 milliards de dollars en incluant les couches de voirie associées.

Des solutions concrètes, à portée de main

Notre étude identifie des leviers d’action à chacun des trois paliers de gouvernement :

  • À l’échelle municipale, l’implantation de compteurs d’eau et du principe utilisateur-payeur représente une piste éprouvée. À Repentigny, la consommation d’eau est restée stable depuis 20 ans malgré une croissance démographique de 18 %. Des outils comme le financement par accroissement de la valeur foncière (TIF) sont également explorés pour financer les infrastructures sans alourdir directement la fiscalité.
  • À l’échelle du Québec, l’étude recommande d’accroître les investissements dans le Plan québécois des infrastructures (PQI), d’assurer un financement prévisible sur le long terme et d’inciter les municipalités à moderniser leurs pratiques de gestion de l’eau.
  • À l’échelle fédérale, il est demandé d’augmenter les transferts au Québec et d’offrir davantage de flexibilité aux acteurs locaux dans la priorisation des projets.

Un rapport qui arrive au cœur du débat politique 

Publié le 31 mars 2026, en pleine année électorale et au lendemain d’un budget du Québec qui n’a pas répondu aux attentes du secteur, ce rapport a immédiatement suscité une réaction politique et médiatique. La Presse, Radio-Canada et de nombreux médias régionaux ont relayé ses conclusions. Le sujet est désormais au cœur des discussions sur l’avenir des infrastructures québécoises.

Consultez notre étude complète 

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