Les effets de l’intelligence artificielle dans l’industrie du génie-conseil au Québec

L’AFG — Association des firmes de génie-conseil du Québec — a mandaté Aviseo Conseil pour analyser les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur l’industrie. Le rapport final, publié en juin 2026, brosse un portrait nuancé d’une adoption en cours, porteur de gains réels, mais freinée par des enjeux organisationnels, humains et professionnels structurants.

L’IA s’installe dans les firmes, mais de façon inégale

L’intelligence artificielle est désormais présente dans les opérations de la majorité des firmes de génie-conseil québécoises. Selon le sondage réalisé auprès des membres de l’AFG, 81 % des firmes ont une stratégie IA formalisée ou en développement, et 86 % ont l’intention d’augmenter leurs investissements dans les prochaines années.
Pourtant, cette progression reste partielle. Les usages se concentrent surtout dans les opérations internes (efficacité, organisation du travail, automatisation des tâches répétitives) et touchent moins les services aux clients. 74 % des firmes perçoivent des effets positifs sur la productivité, mais seulement 8 % disposent de mécanismes pour évaluer l’impact réel de l’IA.

Un potentiel de productivité à concrétiser

Le Québec accuse un retard de productivité par rapport au reste du Canada ; 5 $ de moins généré par heure travaillée dans l’ensemble des secteurs économiques. Dans ce contexte, l’IA représente un levier stratégique incontournable pour le secteur du génie-conseil.
L’étude montre que les gains les plus significatifs se situent en amont de la chaîne de valeur, notamment dans les phases de planification et d’analyse. Une intégration plus poussée vers les étapes en aval ouvre un potentiel important à moyen et long termes, à condition que les firmes réunissent les conditions organisationnelles et humaines nécessaires.

Quatre enjeux structurants pour le secteur

L’étude identifie quatre défis majeurs que les firmes devront surmonter pour tirer pleinement parti de l’IA :

  1. Dilemmes stratégiques — Comment exploiter le potentiel de l’IA tout en préservant la responsabilité professionnelle de l’ingénieur·e ?
  2. Formation des ingénieurs juniors — L’automatisation de certaines tâches formatrices réduit l’exposition des professionnel·les en début de carrière aux apprentissages fondamentaux.
  3. Modèle d’affaires — La tarification horaire traditionnelle et la rémunération des professionnel·les entre en tension avec une logique de productivité accrue par l’IA.
  4. Gouvernance et encadrement — L’utilisation de l’IA soulève des questions pressantes autour des décisions, de la sécurité des données et de la traçabilité.

Ce que les firmes doivent mettre en place

Pour que l’intégration de l’IA soit fluide et responsable, les firmes doivent agir sur trois fronts simultanément :

  1. Stratégie et gouvernance : aligner la démarche IA sur les priorités opérationnelles, définir des rôles clairs, s’appuyer sur un engagement ferme de la direction.
  2. Responsabilité professionnelle : maintenir la capacité à contrôler, valider et superviser les contenus générés par l’IA, et préserver l’essence de la profession d’ingénieur·e.
  3. Pratiques d’affaires : comprendre les activités à valeur ajoutée dans la chaîne de valeur, anticiper les attentes clients et adapter les modèles d’affaires en conséquence.

Accédez au rapport complet

Téléchargez l’étude intégrale sur les effets de l’IA dans l’industrie du génie-conseil au Québec.