Les centres-villes et cœurs villageois québécois font face à des défis croissants. Mandaté par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Aviseo Conseil a réalisé une étude économique d’envergure pour dresser un portrait rigoureux de la situation des centres-villes (CV) situés en dehors des grands centres urbains au Québec. Les résultats sont préoccupants et appellent à une action coordonnée.
Des cœurs battants, mais fragilisés
Les centres-villes et cœurs villageois jouent un rôle structurant dans le développement économique, social et culturel des municipalités québécoises. Moteurs fiscaux, pôles d’emploi, lieux de vie et d’identité : leur vitalité conditionne directement celle des territoires qui les entourent. Pourtant, les signaux d’alerte se multiplient.
Ce que les données révèlent
À partir d’une analyse des rôles d’évaluation foncière de 791 municipalités, d’une enquête auprès de 140 membres de l’UMQ et d’entretiens avec des experts, l’étude met en lumière six constats majeurs :
- Une vitalité perçue comme fragile. Près d’une municipalité sur trois (29 %) évalue la vitalité économique de son centre-ville comme étant mauvaise. Les municipalités locales sont les plus touchées, avec 41 % des répondants portant ce jugement négatif.
- Un déclin qui s’installe. 45 % des répondants estiment que la situation s’est détériorée au cours des dix dernières années : une proportion qui surpasse largement ceux qui observent une amélioration (32 %).
- Une attractivité défaillante. Les centres-villes peinent à attirer étudiants, consommateurs et travailleurs. Dans les municipalités locales, plus de 40 % des répondants signalent un manque d’attrait généralisé.
- Des valeurs foncières qui fuient vers la périphérie. Entre 2015 et 2024, la croissance des valeurs foncières a été systématiquement plus forte hors des centres-villes. Dans les municipalités locales, les valeurs immobilières en périphérie dépassent désormais celles du cœur villageois.
- Un développement périphérique. La majorité du développement résidentiel et commercial de la dernière décennie s’est réalisée à l’extérieur des centres-villes, accentuant leur marginalisation fonctionnelle.
- Des capacités d’action limitées. Plusieurs municipalités ne disposent ni de plan de développement dédié, ni de ressource humaine assignée à la revitalisation de leur centre-ville.
13 stratégies pour inverser la tendance
Face à ces enjeux, l’étude formule des recommandations structurantes regroupées autour de quatre axes d’intervention :
- Renforcer le dynamisme économique : soutien à l’entrepreneuriat local, initiatives créatives, projets culturels
- Aménager des milieux de vie complets : densification douce, mixité fonctionnelle, mobilité active, espaces publics de qualité
- Valoriser l’identité locale et mobiliser les communautés : ancrage territorial, patrimoine, participation citoyenne
- Outiller les municipalités pour agir efficacement : capacités locales, suivi et évaluation, planification adaptée
Ces stratégies s’inspirent de pratiques observées tant au Québec — à Coaticook, Plessisville, Thetford Mines — que dans six juridictions occidentales comparables : France, Allemagne, Suisse, Suède, États-Unis et Ontario.
La revitalisation des centres-villes n’est pas une fatalité : c’est un enjeu de gouvernance, de planification et de volonté collective.
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